Les candidates pour Québec solidaire lancent leur campagne en région

25 août 2026

par : Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

photo : Le Citoyen — Joanie Dion

Les trois candidates de Québec solidaire en Abitibi-Témiscamingue ont présenté, lors d’une conférence de presse le 20 août 2026, leurs priorités sur des enjeux régionaux touchant particulièrement les femmes, en vue de la prochaine campagne électorale.

Pour France Marion, candidate dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue, Joanie Bolduc, candidate dans Abitibi-Ouest, et Sara Germain, candidate dans Abitibi-Est, les enjeux féminins ne peuvent être dissociés des conditions de vie qui prévalent en Abitibi-Témiscamingue. Santé, logement, services de garde et accès aux services de proximité sont au cœur de leur réflexion.

Des centres de la petite enfance (CPE) à améliorer

Joanie Bolduc souhaite notamment s’attaquer à la pénurie de places en CPE, mais aussi aux conditions de travail de celles qui y œuvrent. Selon elle, le manque de places entraîne des conséquences importantes sur les revenus et la carrière des femmes. Elle cite notamment une perte de revenus moyenne de 20 000 $ brut par famille en 2025 et souligne que l’écart salarial se creuse au fil des années entre les mères ayant eu accès à une place en CPE et celles qui n’en ont pas bénéficié.

Québec solidaire souhaite ainsi mener une campagne de valorisation de la profession d’éducatrice à la petite enfance, rémunérer les stages et améliorer les salaires. Mme Bolduc estime que les conditions de travail actuelles contribuent à la difficulté de retenir la main-d’œuvre en région.

Le logement comme « base de tout »

Pour Sara Germain, la question du logement constitue un enjeu transversal qui touche directement la sécurité et l’autonomie des femmes. « Si tu n’as pas accès à un toit qui est sécuritaire et qui est garanti, ta capacité à t’en sortir, ta capacité à devenir un membre actif dans la société, devient énormément compromise », affirme-t-elle.

Parmi les mesures avancées par Québec solidaire figure un gel de la hausse des loyers au taux d’inflation durant les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement, le temps de mettre en place des mesures plus durables.

Le parti souhaite également modifier le fonctionnement entourant les hausses de loyer liées aux rénovations. Les propriétaires devraient notamment démontrer que les travaux réalisés justifient une hausse supérieure aux recommandations du tribunal administratif du logement, plutôt que de laisser aux locataires le fardeau de contester ces augmentations.

La formation politique souhaite aussi accroître l’offre de logements coopératifs et solidaires et sortir davantage de logements du marché privé. Autre mesure évoquée : la création d’un registre des logements afin de connaître l’historique des loyers et de mieux documenter l’occupation des unités, pour lutter contre certaines hausses abusives et l’inoccupation artificielle.

Lutter contre la violence conjugale

« Faire plus de maisons, ce n’est pas la solution à long terme, mais dans l’immédiat, il faudrait plus de ressources », mentionne Sara Germain. Elle affirme que Québec solidaire souhaite investir davantage dans les services liés à la violence conjugale et mieux intégrer les organismes communautaires aux services publics.

De plus, la candidate insiste sur l’importance de la prévention, afin d’agir avant que les femmes victimes de violence n’aient à se tourner vers les maisons d’hébergement.

Des soins de santé plus près des femmes

France Marion a notamment évoqué la rupture de service en obstétrique à Ville-Marie, qui a obligé une vingtaine de femmes à parcours de longues distances pour accoucher. Selon elle, ces déplacements représentent un stress notable et peuvent comporter des risques, particulièrement en raison des distances et des conditions routières dans le Témiscamingue.

Elle déplore également les difficultés vécues par les patients du corridor de services entre le Témiscamingue et North Bay. Même si celui-ci a été rouvert, certains patients ne seraient pas repris par des médecins de North Bay et devraient donc se tourner vers des services à Ville-Marie ou à Rouyn-Noranda. « Le problème, c’est qu’on a perdu nos services de proximité locale », résume-t-elle.

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