La liberté de création des Jeunes journalistes de Moffet

28 août 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Gracieuseté de Guillaume Internoscia

Dans une ancienne école de Moffet, des jeunes âgés de 10 et 16 ans voulaient tourner un film d’horreur. Il y avait des salles vides, une caméra et une histoire pensée pour faire peur. Mais les rires ont souvent pris le dessus. Guillaume Internoscia, un passionné d’audiovisuel qui les accompagnait dans le projet, a même fini par apparaître avec trois chandails différents dans les scènes d’une production tournée sur trois jours.

Un exemple éloquent de ce que Guillaume a appris au fil de ses deux étés auprès des Jeunes journalistes de Moffet : pour leur transmettre le goût de la vidéo, il faut laisser assez de liberté pour qu’ils puissent raconter leurs propres histoires.

Apprendre en faisant

Au début, il a voulu commencer par la théorie : expliquer la caméra, la préparation d’un tournage, quelques règles de base. Mais il a vite compris que ce n’était pas ce qui retenait leur attention. « La partie théorique, vraiment, ça ne les intéressait pas pantoute. Eux autres, ils voulaient commencer à filmer tout de suite. »

Il a donc déplacé l’apprentissage vers la pratique. Certains préféraient jouer devant la lentille, d’autres rester derrière. Ensemble, ils ont appris à préparer une scène, à réfléchir au cadrage et à comprendre qu’une vidéo se construit bien avant d’appuyer sur le bouton d’enregistrement.

Pour leur court métrage, ils ont songé à l’histoire suffisamment pour savoir où ils s’en allaient. Certains continuaient même d’y penser une fois rentrés chez eux.

Entre la serre et leurs idées

Le projet devait aussi rapprocher les jeunes de la serre de Moffet afin de leur faire découvrir ce type de culture et susciter leur intérêt. Ce projet a d’ailleurs pu voir le jour grâce au soutien du Comité local en persévérance scolaire et du Fonds Desjardins pour la persévérance scolaire. Des entrevues avec de jeunes jardiniers ont été réalisées et une vidéo sur la serre a été produite. Cependant, Guillaume a rapidement constaté que c’est la fiction qui attirait davantage les participants. « Il fallait parler de la serre, mais eux autres voulaient plus s’amuser. Il fallait s’amuser, puis apprendre en même temps. »

Par la suite, les Jeunes journalistes de Moffet ont choisi de produire un film d’horreur à même l’ancienne école. Guillaume leur a proposé des idées, qu’ils n’ont toutefois pas retenues. « Le but, c’est qu’on fasse leurs idées. », convient-il.

Quelques scènes ont dû être reprises, car les apprentis cinéastes riaient tellement que le film perdait son côté effrayant, sans parler des faux raccords vestimentaires qui s’étaient glissés dans le tournage. Autant d’essais et d’erreurs qui faisaient pleinement partie de l’apprentissage.

Donner envie de continuer

Au fil des rencontres, certains jeunes sont devenus plus à l’aise devant la caméra et quelques-uns ont souhaité pousser l’expérience plus loin. Comme cette étudiante que Guillaume a aidée à réaliser un projet en stop motion inspiré du Seigneur des anneaux.

Par ce projet estival, ce dernier souhaitait surtout faire comprendre aux jeunes qu’une tablette ou un téléphone suffit pour mettre en place une idée, construire une histoire, essayer, recommencer et surtout, choisir librement ce qu’ils veulent présenter au public.

Au moment de l’entrevue, le montage du film n’était pas encore achevé. Guillaume en avait assemblé une partie devant les participants pour leur faire découvrir ce travail invisible. Un vernissage était aussi envisagé à Moffet. Après deux étés à s’impliquer auprès des Jeunes journalistes de Moffet, ce qu’il espérait leur laisser dépassait le film en lui-même. « J’aimerais ça qu’ils s’intéressent à faire des vidéos. »

L’objectif n’était donc pas seulement de faire en sorte que les participants mènent un projet à terme, mais d’éveiller en eux l’envie d’en créer d’autres.

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