Les candidates restent fidèles à leur parti, les réponses concrètes se font rares
Par : Ricardo Junior Emmanuel
À moins de deux semaines du scrutin du 5 octobre, les candidates en lice dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue ont confronté leurs visions lors d’un débat organisé à l’Atrium de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) par la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda, Témis-Accord en collaboration avec l'UQAT.
La soirée du 20 septembre a laissé peu de place au véritable débat d’idées. Les échanges sont demeurés courtois et les réponses, largement prévisibles, les candidates s’en tenant aux lignes de leur parti sans exposer de mesures concrètes adaptées à Rouyn-Noranda–Témiscamingue.
Animée par Valerie Lemay, la rencontre a tout de même permis aux quatre candidates de présenter leurs priorités respectives. Environ une vingtaine de questions majoritairement déjà connues par les candidates ont été abordées durant la soirée. Malgré les divergences des partis sur plusieurs dossiers, un thème est revenu de façon récurrente : la nécessité de donner davantage de pouvoirs et de ressources aux régions.
En ouverture du débat, les candidates ont expliqué les raisons qui les ont poussés à briguer les suffrages des électeurs. La candidate libérale Léane Loney a identifié l’accès aux soins de santé comme sa principale motivation, soulignant l’importance de garantir des services accessibles à l’ensemble de la population.
Pour la candidate caquiste Béatrice Déry, l’objectif est de faire reconnaître davantage l’Abitibi-Témiscamingue à Québec et d’obtenir pour la région « sa juste part ». Forte de son expérience au sein du gouvernement, elle a affirmé vouloir transformer les ambitions régionales en projets concrets.
La candidate péquiste Diane Dallaire a mis l’accent sur la décentralisation des pouvoirs. Selon elle, il est temps que les régions disposent de plus d’autonomie afin de développer leurs propres priorités et de mieux faire entendre leur réalité à Québec.
Du côté de Québec solidaire, France Marion a expliqué que sa candidature repose sur la volonté de bâtir un projet de société tourné vers l’avenir et les générations futures, tout en assurant des soins de proximité aux citoyens.

Près d’une centaine de personnes étaient présentes pour assister à la soirée de débat électoral. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Immigration : le défi de la rétention
La pénurie de main-d’œuvre et l’immigration ont rapidement occupé une place centrale dans les discussions. Pour Béatrice Déry, la solution passe par une régionalisation accrue de l’immigration. La candidate de la CAQ a défendu l’objectif de diriger davantage de nouveaux arrivants vers les régions afin de répondre aux besoins des entreprises et des communautés.
France Marion a soutenu que l’immigration constitue une partie essentielle de la réponse au déficit démographique et aux besoins du marché du travail. Elle a mis de l’avant le programme PEQ-Région afin de favoriser l’attractivité et la rétention des travailleurs en région.
La candidate libérale a insisté sur l’importance d’adapter les seuils d’immigration aux réalités propres à chaque région et de faciliter l’accès aux cours de francisation pour accélérer l’intégration des nouveaux arrivants.
Pour sa part, Diane Dallaire estime que le problème ne réside pas dans l’immigration elle-même, mais dans l’application uniforme des politiques. Elle a plaidé en faveur d’une approche régionale favorisant l’enracinement durable des travailleurs étrangers et de leurs familles.
Le logement demeure une préoccupation majeure
Les candidates ont également été appelées à présenter leurs solutions pour répondre à la crise du logement.
France Marion a défendu une vision dans laquelle le logement constitue un droit fondamental. Québec solidaire propose notamment la construction de logements sociaux et communautaires afin de répondre aux besoins croissants observés dans la région.
Le Parti québécois souhaite alléger le cadre réglementaire entourant la construction et accélérer la réalisation de logements sociaux en donnant davantage de marge de manœuvre aux régions et aux municipalités.
De son côté, la candidate de la CAQ a mis l’accent sur l’augmentation de l’offre résidentielle, la simplification des règles administratives et une meilleure prévisibilité pour les villes afin de favoriser la construction de nouveaux logements.
Le Parti libéral du Québec propose quant à lui un investissement visant la création de logements abordables et sociaux, notamment pour les aînés, les étudiants, les personnes en situation d’itinérance et les femmes victimes de violence conjugale.
La qualité de l’air s’invite au débat
Impossible de tenir un débat électoral à Rouyn-Noranda sans aborder le dossier de la qualité de l’air et de la Fonderie Horne.
Les candidates ont reconnu l’importance de trouver un équilibre entre la protection de la santé publique, les emplois et le développement économique. Les positions ont toutefois varié quant au rythme et aux moyens à privilégier pour atteindre cet équilibre.
Un consensus sur la régionalisation
Au-delà des divergences partisanes, un constat s’est dégagé au fil des échanges : les quatre candidates ont plaidé, chacune à leur façon, pour une plus grande prise en compte des réalités régionales.
Que ce soit en matière d’immigration, de logement, de santé, de foresterie ou de développement économique, les notions de décentralisation, de régionalisation et d’autonomie locale sont revenues à plusieurs reprises au cours de la soirée.
Hormis quelques échanges entre les candidates, le débat est demeuré relativement prévisible. Les représentantes des quatre formations politiques ont généralement défendu les orientations déjà connues de leur parti, sans véritable confrontation sur le fond des dossiers.
À plusieurs reprises, l’animatrice Valerie Lemay a tenté de ramener les candidates vers des engagements plus concrets et directement applicables aux réalités régionales. Les réponses ont toutefois souvent repris les grandes lignes des plateformes électorales respectives, laissant peu de place à des propositions nouvelles ou à des affrontements marqués entre les candidates.
Au terme de ce débat, les électeurs de Rouyn-Noranda–Témiscamingue disposent désormais d’un portrait plus clair des visions proposées par chacune des formations politiques. Il leur reviendra de trancher lors du vote du 5 octobre prochain.

Les quatre candidates se disent satisfaites de l’expérience de la soirée. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)