Quand la chaleur s’invite à la chasse à l’orignal
Par : Mylène Falardeau | journaliste de l’Initiative de journalisme local
La chasse à l’orignal est une tradition bien ancrée chez de nombreux chasseurs de la région. Mais au fil des dernières années, un nouveau défi s’impose durant la période de chasse : les épisodes de grandes chaleurs qui surviennent parfois alors que les chasseurs sont en forêt.
Ces températures élevées représentent un enjeu important lorsqu’une bête est abattue. Une attention particulière doit alors être accordée à la récupération, à l’éviscération et au refroidissement de la carcasse afin de préserver la qualité de la viande.
Par temps chaud, chaque minute compte. La priorité est de retrouver l’animal et d’agir le plus rapidement possible afin de permettre à la chaleur accumulée dans la carcasse de s’évacuer. Il faut ensuite favoriser la circulation de l’air et éviter de laisser la carcasse exposée directement au soleil ou dans un endroit où l’air circule peu.
Lorsque les conditions météorologiques sont suffisamment fraîches, le refroidissement naturel peut être une option. La carcasse doit alors être installée de façon à favoriser la circulation de l’air et protégée adéquatement contre les insectes et les autres sources de contamination. Cette protection doit toutefois permettre à la chaleur de s’évacuer efficacement.
En cas de températures trop élevées, le transport vers un endroit réfrigéré devient l’option à prioriser. De plus en plus de chasseurs disposent maintenant de chambres froides portatives directement sur leur site de chasse. D’autres ont aménagé une chambre froide à leur domicile, tandis que les bouchers demeurent une bonne solution pour assurer la conservation des carcasses. Comme leur capacité d’accueil et leurs modalités peuvent varier, il est préférable de communiquer avec son boucher à l’avance afin de connaître ses disponibilités.

(Photo : Gracieuseté)
Lorsque la carcasse doit demeurer temporairement en forêt, certaines précautions permettent de la protéger tout en favorisant son refroidissement. Elle ne doit jamais être déposée directement au sol, mais plutôt suspendue à un arbre ou installée sur un support ou un brancard afin de favoriser la circulation de l’air et de la protéger des prédateurs. La viande doit également être protégée sans toutefois empêcher la chaleur de s’évacuer. Un coton fromage peut être utilisé puisqu’il favorise la circulation de l’air tout en limitant le contact des insectes avec la viande. Enfin, il est préférable d’éviter de rincer la carcasse avec de l’eau pour enlever les saletés. Il est recommandé plutôt de retirer les souillures en enlevant la couche de viande affectée au moment du débitage.
Le plan de récupération de l’animal se prépare donc avant même de partir en forêt, au même titre que le reste de l’expédition. Connaître à l’avance les possibilités disponibles au camp, à la maison ou chez le boucher permet d’éviter de devoir improviser au moment de la récolte.
Le gouvernement du Québec recommande de refroidir la carcasse le plus rapidement possible et vise une température de 7 °C dans les 24 premières heures. Par temps chaud, une bonne préparation et une intervention rapide sont donc essentielles pour mettre toutes les chances de son côté et conserver une viande de qualité.
La chasse ne se termine pas au moment de la récolte. Dans des conditions chaudes, les gestes posés dans les heures qui suivent sont déterminants pour préserver le fruit de cette chasse. En planifiant la récupération, la manipulation et le refroidissement de la carcasse, les chasseurs peuvent profiter pleinement de leur récolte tout en accordant à la qualité de la viande l’attention qu’elle mérite.