Culture

25 ans de voyages en couleurs

Par : Joanie Dion

Pour Mathieu Dupuis, une bonne photographie est d’abord une rencontre entre un sujet, une lumière et un moment qu’il faut savoir saisir. Photographe professionnel depuis 25 ans, il a parcouru une cinquantaine de pays pour documenter paysages, cultures et rencontres. Son nouveau livre, Les couleurs du monde, rassemble une partie de ce vaste parcours.

Mathieu Dupuis | Crédit Andrée-Anne Lavoie
« La photo, c’est de réunir un sujet et une belle lumière », explique Mathieu Dupuis.
(Photo : Andrée-Anne Lavoie)

« La photo, c’est de réunir un sujet et une belle lumière », explique-t-il. Mais cette lumière idéale n’est pas nécessairement celle d’un ciel sans nuages. Brume, météo incertaine ou conditions difficiles peuvent aussi devenir des ingrédients créatifs. Pour le photographe, l’essentiel est de savoir composer avec ce qui se présente.

Cette capacité d’adaptation est au cœur de son métier. Sur le terrain, les conditions ne correspondent pas toujours aux scénarios imaginés. Récemment, à l’Île-du-Prince-Édouard, 36 heures de pluie l’ont forcé à redoubler de créativité. À Terre-Neuve, il dispose de seulement 72 heures pour parcourir environ 600 kilomètres et réaliser une série de photographies. L’équipement prêt, un sac de couchage dans la valise et un horaire serré, il compte maximiser chaque occasion.

« Il faut être très résilient, être capable de faire des sacrifices un petit peu, parce que ça ne va pas toujours comme on veut », résume-t-il.

Les couleurs du monde est le fruit de cette vie nomade. Le livre revient sur environ 25 ans de voyages internationaux et présente des images réalisées dans quelque 50 à 60 pays. De la Namibie au Vietnam, en passant par la Tanzanie et la Thaïlande, chaque photographie est associée à un lieu, mais aussi à une histoire.

L’ouvrage ne se limite toutefois pas aux paysages. Mathieu Dupuis y présente également des portraits réalisés dans leur environnement, notamment des membres de peuples et de communautés rencontrés au fil de ses voyages. Les paysages, les marchés, les textures, les rencontres et même la nourriture participent à cette expérience de voyage.

Couverture Les couleurs du monde | Mathieu Dupuis

Couverture de Les couleurs du monde. (Photo : Gracieuseté)

Le fil conducteur du livre est la couleur. Les différents chapitres sont construits autour de dominantes chromatiques qui permettent de réunir des images provenant de lieux parfois très éloignés les uns des autres. Chaque photographie est accompagnée d’un texte qui précise le lieu, le contexte ou raconte une anecdote liée à sa réalisation.

Pour Mathieu Dupuis, le défi n’a donc pas été de manquer d’images, mais plutôt de devoir choisir parmi une quantité considérable de photographies. Avec un ouvrage d’environ 200 pages, certaines images ont nécessairement dû être écartées afin de respecter la structure et la trame narrative.

Après le lancement de son livre, le photographe entend poursuivre ses projets de voyage et ses reportages. L’hiver pourrait notamment le ramener en Asie, comme il en a pris l’habitude ces dernières années.

Entre deux départs, il compte aussi profiter d’un peu de temps à la maison avec sa conjointe et leur jeune garçon. Car derrière les kilomètres parcourus et les images accumulées, Les couleurs du monde raconte surtout une façon de regarder le monde : être présent, attendre la lumière et savoir saisir ce que le moment a à offrir.

À lire aussi