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Dernier tour de piste pour Olivia Baril

Par : Christine Morasse | cmorasse@journallecitoyen.com

Au lendemain des Championnats du monde de cyclisme sur route 2026, Olivia Baril, originaire de Rouyn-Noranda, a accordé une entrevue au journal Le Citoyen sur le bilan de sa carrière et ses projets à venir.

Olivia Baril - coupée
Olivia Baril et la mascotte des Championnats mondiaux de cyclisme sur route - Montréal 2026
(Photo gracieuseté)

Ce n’était un secret pour personne. Olivia Baril avait annoncé depuis plusieurs semaines qu’elle terminerait sa carrière de cycliste aux Championnats du monde sur route UCI qui se sont déroulés du 20 au 27 septembre à Montréal. Encore émotive et entourée de sa famille, la jeune athlète de 28 ans a résumé ses derniers moments sur le circuit mondial.

« J’ai vraiment l’impression d’avoir bouclé la boucle, parce que parmi les organisateurs de ces Championnats du monde à Montréal, il y a des gens avec qui je m’étais développée en tant que cycliste, quand j’étais junior, puis même quand j’étais plus jeune. Par exemple, j’ai vu Pascal Choquette, qui est le directeur de la Fédération québécoise des sports cyclistes. Il y avait aussi Gérard Penarroya, qui était mon premier directeur sportif. J’ai vu mes anciens entraîneurs. J’ai vraiment vu tout le monde qui a fait partie de mon parcours de cycliste depuis le tout début jusqu’à ma dernière course à Montréal. Ça m’a rendue émotive aussi, parce que j’ai constaté que j’avais vraiment eu un impact sur beaucoup de gens. J’ai vraiment choisi de prendre ma retraite à Montréal pour vivre ces beaux moments-là avec mes proches. »

Présentation de l’équipe canadienne lors des Championnats Mondiaux de cyclisme sur route 2026 à Montréal. Olivia Baril, troisième à partir de la gauche a participé au contre-la-montre, au relais mixte et à la course sur route avant de tirer sa révérence.

Présentation de l’équipe canadienne en ouverture des Championnats Mondiaux de cyclisme sur route 2026 à Montréal. Olivia Baril, troisième à partir de la gauche a participé au contre-la-montre, au relais mixte et à la course sur route avant de tirer sa révérence. (Photo gracieuseté)

Une vie de sacrifices

Classée parmi l’élite mondiale et fière représentante du Canada aux Jeux olympiques de Paris en 2024, Olivia Baril s’est questionnée sur ses motivations à maintenir ce rythme exigeant d’athlète professionnelle. « Ça a été difficile de prendre la décision, parce que j’étais vraiment une bonne cycliste physiquement. J’avais vraiment les capacités pour faire ça longtemps. Mais je n’avais pas la passion ultime que ça exige pour maintenir ce haut niveau. Je n’étais plus prête à faire tous les sacrifices que ce sport demande. J’avais de la difficulté à trouver la raison pour laquelle je faisais ça. Pourquoi je décide d’être aussi loin de ma famille ? Pourquoi je décide de manquer tous les événements de ma famille ? Pourquoi je choisis cette vie-là ? »

Selon la Rouynorandienne, le cyclisme a beaucoup changé, surtout chez les femmes. « Ça devient vraiment plus professionnel et il y a vraiment plus d’argent à faire. Mais malheureusement, il y a énormément de femmes qui sacrifient leur santé et qui ont des problèmes d’alimentation. Il y a beaucoup de cas d’anorexie. Mais moi, je n’ai pas envie de faire ces sacrifices-là. Perdre cinq kilos avant une course pour espérer gagner, c’est très irrespectueux envers mon corps. Ce n’est plus dans mes valeurs. Je n’ai pas envie de sacrifier ma santé à long terme pour quelque chose à court terme. »

Olivia Baril - sur son vélo

C’est maintenant à titre d’agente de cyclistes qu’Olivia Baril poursuivra sa route dans le monde du cyclisme. (Photo gracieuseté)

L’Espagne

Bien établie en Espagne depuis six ans, c’est à San Sebastián qu’elle entend amorcer sa nouvelle carrière d’agente de cyclistes. « Il y a un examen à faire pour devenir agent certifié. J’ai fait l’examen, puis j’ai passé. Donc, je suis maintenant légalement capable de représenter des cyclistes. Je trouve que c’est un travail important, parce que tu peux vraiment changer la vie des cyclistes et bien les orienter, car il y a beaucoup d’équipes. Je veux les aider à faire le bon choix en fonction de leurs valeurs et faire en sorte qu’ils se sentent bien au sein de leur équipe. Je veux le faire surtout auprès des femmes, car il manque d’agentes à ce niveau », explique-t-elle.

En parallèle, Olivia Baril accompagnera son conjoint dans la poursuite de sa carrière, l’Ontarien Michael Leonard, avec qui elle a fait équipe lors du relais mixte du contre-la-montre aux Mondiaux à Montréal. Un fait rarissime dans le sport. « Ç’a été un beau moment à Montréal. On a vécu ça ensemble, avec l’équipe canadienne. Maintenant, lui il va poursuivre sa carrière chez les professionnels avec l’équipe EF Education — Easy Post. Il aime tellement ça ! Oui c’est un travail, mais il est passionné de vélo. Donc, ça, c’est vraiment la bonne mentalité à avoir. » Le couple songe à fonder une famille bientôt et caresse le rêve de revenir au Canada à la fin de la carrière de Michael.

Fière de ses racines

En terminant l’entrevue, Olivia Baril a tenu à remercier tous ceux et celles qui l’ont encouragé dans sa carrière. « J’ai toujours senti l’appui des gens de l’Abitibi-Témiscamingue dans toutes mes courses. Ça me faisait de la peine de ne pas pouvoir venir plus souvent. Mais maintenant, c’est certain que je vais venir voir mes amis, ma famille quand je vais en avoir l’occasion. J’aime beaucoup ma région, ma ville. »

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