Centre communautaire juridique de l’Abitibi-Témiscamingue : deux journées de grève pour le personnel
Par : Ricardo Junior Emmanuel
Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec déclenche deux journées de grève afin de dénoncer l’inaction de l’employeur à la table de négociation dans un contexte ou le conflit de travail s’intensifie.
Depuis le 1er avril 2025, le personnel de soutien du Centre communautaire juridique et du public est sans convention collective. Bien que Josée Jolette, présidente régionale du SFPQ, avoue qu’une partie de la table de négociation s’est bien déroulée, mais elle ne peut pas nier quelques laxismes de la part de l’employeur.
De fait, les employés de soutien du Centre communautaire juridique de l’Abitibi-Témiscamingue ont manifesté mardi à Rouyn-Noranda. Deux journées de grève ont été déclenchées 13 et 14 octobre.
La présidente du SFPQ espère que cette grève fera bouger les choses à la table de négociation et permettra de dénouer l’impasse une fois pour toutes. « Une chose est certaine, la négociation devra passer par la prime qui soit octroyée aussi pour le personnel de soutien », précise-t-elle.
Le SFPQ dénonce l’absence de réponse de l’employeur à leurs revendications. Il dénonce l’inaction de l’employeur à la table de négociation. « Les discussions n’avancent pas et aucune ouverture significative n’a été manifestée jusqu’à présent », ajoute la présidente.
Au cœur des revendications se trouve la prime d’attraction et de rétention accordée aux avocats de l’aide juridique. Les représentants syndicaux rappellent qu’une prime de 8 % avait été consentie lors de la précédente ronde de négociations. Celle-ci a ensuite été renouvelée et bonifiée de 5 % dans la nouvelle convention collective des avocats, pour un total de 13 %. Le personnel de soutien réclame désormais une mesure équivalente. « Les secrétaires juridiques et les techniciens en administration travaillent en étroite collaboration avec les avocats et sont confrontés aux mêmes réalités liées au coût de la vie ».
Ils déplorent également le manque d’écoute de l’employeur. Selon eux, aucune volonté réelle de discuter de leurs propositions n’a été démontrée jusqu’ici. Une situation qui complique considérablement le processus de négociation.
Conséquences de la grève
Présentement, aucun bureau d’aide juridique n’est ouvert en région. « Aucun bureau n’est ouvert au public. Et les gens qui ont besoin du service de juridique, présentement, n’ont pas accès au service qui pourrait s’occuper d’eux », déclare la présidente.
Interrogée sur la durée du mouvement de grève, Mme Jolette a rappelé que les syndiqués détiennent actuellement un mandat de grève générale illimitée. La mobilisation en cours est toutefois limitée à deux journées, soit celles d’hier et d’aujourd’hui. Elle prévient néanmoins que d’autres moyens de pression pourraient être déployés si les négociations continuent de piétiner.
La représentante syndicale assure toutefois que les employés demeurent ouverts à reprendre les discussions. « Dès que l’employeur démontrera une réelle volonté de négocier et de revenir à la table, nous serons prêts à faire de même », a-t-elle affirmé. Selon elle, le syndicat souhaite avant tout parvenir à un règlement et éviter de priver la population de services essentiels.
Mme Jolette souligne que l’aide juridique s’adresse principalement à des citoyens vulnérables qui dépendent de ces services pour faire valoir leurs droits. « Notre objectif n’est pas de pénaliser les usagers », insiste-t-elle. Elle réitère que le syndicat répondra présent si l’employeur relance les négociations.
Quant à la suite du conflit de travail, elle n’a pas voulu s’avancer sur les stratégies qui pourraient être adoptées. Elle précise qu’un comité stratégique est chargé d’évaluer les prochaines étapes et que les mesures envisagées ne peuvent être dévoilées pour le moment. Une chose demeure toutefois certaine : d’autres actions pourraient être entreprises en l’absence d’un retour à la table de négociation.
En terminant, elle rappelle que la principale revendication des employés demeure l’obtention de la prime de rétention, un enjeu qu’elle juge essentiel pour la poursuite des discussions.