L’envers du décor électoral
Par : Daisy-Anne Gagné
Lors d’une campagne électorale, les candidats se doivent d’être vus et entendus. Après la prise du pouvoir par le Parti québécois, Karine Lacroix et Geneviève Rouleau de chez Tout Court Communication partagent leurs stratégies qui ont fait avancer deux partis.
Mme Lacroix œuvre à titre de chargée principale, communication stratégique et relations publiques, tandis que Mme Rouleau est consultante et propriétaire de l’agence. Durant la campagne, elles ont chacune mis de l’avant leur expertise en communications auprès d’un candidat d’Abitibi-Est. Toutes deux décrivant la politique comme une passion, elles se sont jointes à la récente élection avec entrain. « Ça n’arrive pas si souvent, donc c’est pour ça que c’est une période excitante et on est fébriles quand ça démarre. On est excitées tout au long ! » s’exclame la propriétaire de Tout Court Communication. Sa collègue ajoute : « C’est comme un jeu, c’est grandiose ».
Leurs engagements auprès de leur parti respectif s’avéraient assez différents. Pendant cette période très courte et le peu de temps libre qu’elle possédait, Mme Rouleau a donné un coup de main au niveau des communications, malgré l’aisance de son candidat. Par ailleurs, elle s’est impliquée dans la logistique derrière le pointage et la sortie des votes. « C’est beaucoup de relecture de documents. Et c’est important de s’enligner avec les orientations du national […] Il faut décliner le message du national pour que ça ait une résonance ici, mais, parfois, c’est aussi l’inverse : est-ce que le message de notre candidat ici est enligné avec les priorités ou les engagements du national ? C’est vraiment de s’assurer que le message soit cohérent avec le parti », explique-t-elle.
Du côté de Mme Lacroix, elle soutenait les autres bénévoles en révisant et en relisant les documents, en plus de préparer les réponses et les réfutations du débat. « C’est d’entrevoir toutes les questions qui vont être posées, mais ça collait aussi à toutes les enjeux régionaux », indique-t-elle.
Au niveau des stratégies recommandées par les deux collègues, il faut avant tout bien connaître le candidat pour lequel on travaille, tout en laissant le public apprendre qui il est. Ensuite, les expériences antérieures de la personne joueront sur sa crédibilité et sa notoriété, donc il s’agit d’un aspect à exploiter. Finalement, l’enjeu le moins souvent abordé : la mobilisation des électeurs auprès d’un candidat. Selon Mme Rouleau, « ça peut tellement déraper rapidement pour une petite affaire qui se passe. Je pense que c’est aussi important de voir ça comme un tout. C’est le message que tu dis, la façon, le véhicule que tu utilises, l’image […] tout ça peut avoir une répercussion ».
Tout au long d’une campagne, la perception et l’opinion du public comptent énormément. « Il y a toujours à vérifier, à analyser et à voir ce que les gens pensent et comment ça va jouer cette joute-là politique entre les candidats », complète Mme Lacroix. Par ailleurs, les résultats finaux peuvent être différents que ceux espérés, selon la campagne des chefs de partis. En effet, il y a plus d’un type d’électeur : l’un qui vote pour son candidat local et l’autre qui suit les chefs de près.
À l’intérieur de l’agence, même si les deux femmes travaillaient dans leurs temps libres pour des partis différents, elles décrivent l’ambiance comme conviviale et plaisante. « On s’agaçait pas mal, mais toujours dans la camaraderie. Ce n’est pas Tout court communication qui était impliqué dans la campagne. C’étaient des implications bénévoles à des intérêts personnels. » Après tout le brouhaha de la campagne, elles espèrent voir plus de jeunes s’impliquer auprès des partis, étant, de près et de loin, touchés par les enjeux politiques.