Sébastien D’Astous : une nomination rapide, de grandes attentes
Par : Ange Major | amajor@journallereflet.com
À peine élu député d’Abitibi-Ouest, Sébastien D’Astous fait son entrée au Conseil des ministres. Chargé de réduire la bureaucratie gouvernementale et de représenter l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec, l’ancien maire d’Amos doit maintenant faire ses preuves.
Sébastien D’Astous n’avait pas encore eu le temps de s’habituer à son nouveau rôle de député que le premier ministre lui confiait déjà des responsabilités ministérielles. Nommé le 21 octobre, un peu plus de deux semaines après son élection, l’ancien maire d’Amos fait désormais partie du Conseil des ministres. « J’avais même pas eu le temps de retomber du fait que j’étais député. Puis, en l’espace de 24 heures, j’ai été ébranlé, ébahi », confie-t-il en entrevue.
Élu sous la bannière du Parti québécois le 5 octobre, il espérait éventuellement accéder à des fonctions ministérielles, sans s’attendre à une nomination aussi rapide. « Je le prends comme un cadeau, puis ça vient avec de lourdes responsabilités. »
Au-delà de la surprise, c’est surtout la nature du mandat confié par Paul St-Pierre Plamondon qui retient son attention.

Le nouveau Conseil des ministres du gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon, lors de son assermentation le 21 octobre 2026. Sébastien D’Astous figure parmi les ministres nouvellement nommés. ( Gracieuseté Sébastien d’Astous )
Réduire la bureaucratie, un défi à l’échelle du Québec
À titre de ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allègement réglementaire de l’État, Sébastien D’Astous devra contribuer à simplifier les démarches administratives et à réduire les contraintes réglementaires jugées inutiles. Pour les entreprises et les municipalités, cet objectif pourrait se traduire par des procédures moins complexes et une diminution des formalités exigées par l’administration publique.
Ces préoccupations, il les connaît notamment pour les avoir côtoyées durant ses années à la mairie d’Amos. « J’entends parler tellement de gens qui vivent des problématiques, que ce soient les PME, les municipalités. Puis souvent, ce sont juste des choses qui n’ont pas toujours leur place. »
Selon lui, certaines exigences administratives se sont accumulées au fil du temps sans que leur pertinence soit remise en question. « Des fois, ce sont des choses qu’on a créées avec le temps, puis qui sont plus nécessaires, puis qu’on a conservées. Puis ça crée un État dans un État. »
À cette mission provinciale s’ajoute la responsabilité de représenter deux régions au Conseil des ministres.

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon accueille Sébastien D’Astous au sein de son Conseil des ministres. Le député d’Abitibi-Ouest hérite notamment de la responsabilité de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. ( Gracieuseté Sébastien d’Astous )
Une voix régionale autour de la table
Pour Sébastien D’Astous, sa nomination répond à une revendication portée depuis plusieurs années en Abitibi-Témiscamingue. « Ça fait des années qu’on militait pour ça. C’est important d’avoir quelqu’un qui foule l’Abitibi-Témiscamingue et qui comprend nos réalités pour prendre les grandes décisions au Conseil des ministres. »
Son objectif est de faire en sorte que les particularités du territoire soient prises en considération à Québec. « Ce que je veux, c’est m’assurer qu’on va avoir notre juste part. »
Le dossier des redevances minières pourrait constituer un premier test de cet engagement. Le gouvernement souhaite présenter un nouveau régime avant Noël, et Sébastien D’Astous a été chargé de travailler à sa mise en place. Le Parti québécois s’est notamment engagé à retourner 10 % des redevances aux régions-ressources pour soutenir les infrastructures et les services locaux.
Sa nomination a été accueillie favorablement par les Chambres de commerce de l’Abitibi-Témiscamingue, qui réclamaient une meilleure reconnaissance des besoins régionaux, notamment en matière d’infrastructures, de main-d’œuvre et d’accès aux services. Le ministre devra également défendre les intérêts du Nord-du-Québec. « C’est deux grandes régions à couvrir. Je vais avoir besoin de l’aide de tous », reconnaît-il.
Il a déjà entrepris des échanges avec d’autres élus régionaux et souhaite miser sur la collaboration. Les attentes se manifestent aussi dans différents secteurs. Tourisme Abitibi-Témiscamingue a notamment demandé à le rencontrer afin d’obtenir des précisions sur l’avenir de l’industrie touristique, désormais intégrée au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, sans ministre exclusivement responsable du Tourisme.
Les prochaines semaines seront consacrées à la mise en place des équipes de circonscription et à la coordination du travail avec les autres élus. Sébastien D’Astous demande aux citoyens de leur laisser le temps de s’installer dans leurs nouvelles fonctions.
Après la surprise de sa nomination, il sait que les attentes sont désormais bien réelles. « Maintenant, c’est à moi de faire les preuves. »