L’UPA réclame davantage d’investissements pour renforcer l’autonomie alimentaire
Par : Ricardo Junior Emmanuel
C’est sous le thème De la ferme à l’assiette, assurons notre sécurité alimentaire que la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue a tenu sa 58e assemblée générale, le 3 octobre, à Rouyn-Noranda.
Avant le début de l’assemblée générale, les représentants de l’organisation ont tenu une conférence de presse tôt dans la matinée pour rappeler que la sécurité alimentaire du Québec passe notamment par le développement de l’agriculture dans les régions périphériques comme l’Abitibi-Témiscamingue.
Le président de la Fédération régionale, Pascal Rheault, estime que les entreprises agricoles disposent du potentiel nécessaire pour augmenter leur production, mais qu’elles font face à des obstacles importants qui freinent leurs investissements. Selon lui, la forte hausse des coûts du carburant affecte directement la rentabilité des fermes et retarde plusieurs travaux essentiels. « Il y a plein d’interventions qu’on ne fera pas au niveau de nos terres à cause du coût des carburants. C’est majeur », explique-t-il. « On a la possibilité de produire plus. On a du terrain pour le faire. Mais ça prend un coup de pouce. »

Pascal Rheault, président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue (Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Des programmes adaptés aux réalités régionales
Parmi les revendications de l’organisation figure également la mise en place de programmes adaptés aux réalités des régions éloignées. Pascal Rheault soutient notamment que plusieurs terres agricoles gagneraient à bénéficier de travaux de drainage et de chaulage afin d’améliorer leur rendement et leur résilience face aux aléas climatiques.
De son côté, le président général de l’UPA, Martin Caron, a rappelé que l’agriculture représente un secteur économique stratégique qui mérite un soutien comparable à celui accordé dans plusieurs autres pays. « Quand on investit dans l’agriculture et l’agroalimentaire, c’est un soutien pour avoir un panier d’épicerie abordable », affirme-t-il. Selon lui, les producteurs devront réaliser d’importants investissements au cours des prochaines années pour répondre aux exigences liées au bien-être animal, aux changements climatiques ainsi qu’à la modernisation des équipements.
M. Caron souligne également que l’accès au capital et la prévisibilité des programmes gouvernementaux seront essentiels pour assurer l’avenir du secteur et encourager la relève agricole. Plusieurs jeunes souhaitent reprendre ou développer des entreprises agricoles, mais les coûts associés aux nouvelles technologies et à la modernisation des fermes demeurent élevés.

Martin Caron, président général de l’Union des producteurs agricoles (Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Les représentants de l’organisation ont aussi insisté sur le rôle que peuvent jouer les régions périphériques dans l’atteinte de l’autonomie alimentaire du Québec. Selon eux, l’Abitibi-Témiscamingue possède un important potentiel de croissance, notamment dans la production bovine. Martin Caron a d’ailleurs souligné qu’une faible proportion du bœuf consommé au Québec est produite dans la province, ce qui illustre l’importance d’accroître la capacité de production locale.
Deux résolutions soumises aux délégués
Au cours de l’assemblée, les délégués ont dû se prononcer sur deux résolutions d’urgence. La première concerne la hausse importante des coûts du diesel et ses répercussions sur les entreprises agricoles. La seconde porte sur les changements réglementaires touchant les normes de construction, qui risquent d’augmenter le coût des nouveaux bâtiments agricoles et de ralentir certains projets d’investissement. Les discussions permettront aux producteurs de définir les orientations qu’ils souhaitent défendre auprès du gouvernement au cours des prochains mois.
Au terme de cette 58e assemblée générale, les producteurs espèrent que leurs revendications trouveront écho auprès du nouveau gouvernement québécois.