Les jeunes imaginent la Rouyn-Noranda de demain à travers une œuvre collective
Une ville portée par un poisson géant, des boîtes aux lettres volantes, des créatures fantastiques, des technologies futuristes et une nature toujours bien présente. Voilà quelques-unes des visions qui prennent vie dans Fantaisie féérique, une œuvre collective réalisée par des élèves des écoles de l’Étincelle d’Évain et des Collines de D’Alembert, accompagnés par l’artiste peintre et médiatrice culturelle Staifany Gonthier.
L’œuvre a été dévoilée jeudi dernier à l’hôtel de ville de Rouyn-Noranda, dans le cadre des célébrations entourant le 100e anniversaire de la Ville et du Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda. Le projet invitait les jeunes à se projeter dans l’avenir pour imaginer leur municipalité et à réfléchir à l’héritage qu’ils souhaitent laisser aux générations à venir.
« On voulait interroger les élèves sur comment ils voyaient leur ville dans le futur. C’était quoi le legs qu’ils voulaient laisser à leurs amis, à leurs enfants, à leurs petits-enfants », explique Staifany Gonthier.
Pendant plusieurs rencontres, l’artiste a amené les participants à explorer différentes possibilités : villes aériennes, mondes sous-marins, nouvelles technologies ou encore coexistence avec la nature. Les idées recueillies ont ensuite été intégrées à une immense toile collective.
Ce qui a le plus marqué Mme Gonthier est le contraste entre les deux groupes d’élèves. « Les deux écoles avaient des idées complètement différentes », souligne-t-elle. « Une école était beaucoup dans la nature, les animaux et le kayak, tandis que l’autre était davantage tournée vers la robotique, les éoliennes et les vaisseaux spatiaux. » Cette différence de perspectives a enrichi le résultat final et a permis de créer une œuvre où se côtoient imagination, innovation et environnement.
Staifany Gonthier a prononcé un discours pour expliquer le processus de création. Puis, l’élève Adam Gagnon s’est joint à elle pour raconter son implication et celle des autres élèves. Crédit photo : Le Citoyen – Joanie Dion
Certains éléments ont retenu davantage l’attention de l’artiste. Un dessin représentant « un poisson gigantesque qui traîne une ville sur son dos » figure d’ailleurs parmi ses coups de cœur. D’autres idées originales, comme une boîte aux lettres volante, témoignent de la liberté créative accordée aux jeunes participants.
Une expérience marquante pour les élèves
Pour Adam Gagnon, l’un des élèves impliqués dans le projet, l’aventure a commencé à la seconde où l’initiative est venue à ses oreilles. « Dès que j’ai entendu l’idée d’aller faire une œuvre d’art avec une artiste pour exposer à l’hôtel de ville, j’ai tout de suite allumé », raconte-t-il.
Le jeune participant est également celui qui a proposé le titre Fantaisie féérique lors des dernières étapes de réalisation.
Au-delà du résultat artistique, Adam retient surtout les apprentissages réalisés au cours du processus. « J’ai appris à relever les défis et à travailler en équipe », résume-t-il. Une compétence essentielle, puisque plusieurs élèves devaient collaborer sur une même toile et faire cohabiter leurs idées dans une œuvre commune.
Interrogé sur sa vision du futur, le jeune imagine une ville transformée et magique, où le tourisme, les nouvelles créatures et les innovations occuperont une place importante.
Le dévoilement de l’œuvre a suscité bien des réactions parmi les élèves participants. (Crédit Photo: Le Citoyen – Joanie Dion)
Une œuvre qui appartient à la communauté
Pour le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, l’installation de l’œuvre à l’hôtel de ville revêt une signification particulière. « On regarde vers le passé, mais on se tourne vers l’avenir également. Ce sont ces jeunes-là qui vont écrire les prochaines pages de notre histoire », affirme-t-il.
Le maire voit également dans ce projet une occasion de rapprocher les citoyens de leurs institutions municipales. Selon lui, l’exposition de l’œuvre dans le hall de l’hôtel de ville contribue à rendre ce lieu plus accessible aux jeunes et aux familles. « On vient de démocratiser le hall de l’hôtel de ville », estime-t-il, en soulignant l’importance pour les jeunes de s’approprier les lieux démocratiques qui leur appartiennent.
La présence de nombreux élèves et parents lors du dévoilement témoigne déjà de ce sentiment d’appartenance.

Les visages s’illuminent durant le dévoilement de Fantaisie féérique. Crédit Photo : Le Citoyen – Joanie Dion
Un projet en phase avec la mission éducative
Du côté du Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda, la directrice générale Anne-Frédérique Karsenti estime que l’initiative reflète parfaitement la mission de l’organisation.
Elle rappelle que les écoles participantes ont été sélectionnées à la suite d’un appel de projets. Les élèves intéressés devaient soumettre un dessin, puis Staifany Gonthier a procédé à la sélection finale des participants issus des deux établissements retenus. Au-delà de l’aspect artistique, Mme Karsenti souligne les nombreuses retombées pédagogiques du projet. « Les élèves ont développé leur goût artistique, ont travaillé avec une artiste reconnue de la région et ont appris à collaborer », explique-t-elle. Elle ajoute que l’œuvre leur permet aussi de laisser une trace durable dans leur communauté.
« Ces élèves-là représentent le futur », rappelle-t-elle. La directrice générale espère d’ailleurs que les participants conserveront le souvenir d’un événement festif qui leur aura permis « de grandir, d’apprendre et de contribuer à leur ville ».
L’œuvre Fantaisie féérique est exposée dans le hall de l’hôtel de ville de Rouyn-Noranda. (Crédit photo : Le Citoyen – Joanie Dion)
Avec Fantaisie féérique, les jeunes artistes ont non seulement imaginé la Rouyn-Noranda de demain, mais ils ont également laissé une empreinte bien réelle dans le présent, au cœur même de la maison des citoyens.