Culture

Une renaissance thrash portée par l’authenticité

Après plusieurs années de changements de formation, de pauses forcées et de remises en question, le groupe rouynorandien Die Some More revient avec une identité renouvelée. Avec un son plus agressif, plus assumé, mais surtout fidèle à sa vision, le t

Die Some More | crédit Mélinda Gervais

Après plusieurs années de changements de formation, de pauses forcées et de remises en question, le groupe rouynorandien Die Some More revient avec une identité renouvelée. Avec un son plus agressif, plus assumé, mais surtout fidèle à sa vision, le trio s’apprête à lancer un prochain EP qui marquera officiellement cette nouvelle étape de son parcours.

Pour Sonny Hamel, fondateur, guitariste, compositeur et chanteur du groupe, cette renaissance est le résultat d’un long cheminement. « Le band a commencé en 2017. Il y a toujours eu quelque chose qui retardait le projet : des changements de membres, la pandémie, des blessures. À un moment donné, je me suis dit que, peu importe, j’allais enregistrer mes chansons et les sortir. J’avais besoin que ça existe. »

À ses côtés, Christian Dion a lui aussi retrouvé le projet après un premier passage au sein du groupe. D’abord guitariste, il occupe désormais la basse afin de pouvoir davantage contribuer aux harmonies vocales. « Je n’avais jamais vraiment joué de basse dans un groupe. C’était un défi, mais j’aime les défis. La musique de Sonny est complexe, autant dans les structures que dans les riffs, alors ça demande beaucoup de travail. »

Cette complexité est d’ailleurs assumée. Die Some More refuse les structures prévisibles et préfère construire des morceaux où les changements de rythme et les arrangements surprennent l’auditeur.

Du doom au thrash

À ses débuts, le groupe évoluait dans un registre de doom metal. Aujourd’hui, le son est résolument tourné vers le thrash metal inspiré des années 1980, sans renier certaines influences plus lourdes héritées de Black Sabbath. « Les éléments thrash étaient déjà présents. Avec le temps, je me suis rendu compte que c’était vraiment ce que j’avais envie de faire. Ce n’est pas un essai-erreur, c’est une évolution naturelle », précise Sonny Hamel.

Cette transformation est particulièrement perceptible dans Crimson Dreams, une chanson déjà présente sur un premier EP sorti plus tôt, mais entièrement revisitée dans cette nouvelle mouture plus rapide et plus incisive. La chanson la plus récente, Tyranny of the Holy, illustre quant à elle parfaitement la direction artistique actuelle.

Une critique du pouvoir plus que de la foi

Malgré son titre, Tyranny of the Holy ne cherche pas à attaquer une religion en particulier. Sonny Hamel explique plutôt vouloir dénoncer les dérives du pouvoir lorsqu’il s’appuie sur des croyances. « Ça parle de la manière dont certaines institutions ou idéologies peuvent être utilisées pour contrôler les gens. Ça peut s’appliquer au christianisme comme à n’importe quelle autre religion. Dès qu’il y a du pouvoir, il y a des gens qui vont essayer de s’en servir. »

Les paroles évoquent autant les persécutions religieuses du passé que les blessures plus récentes laissées par certaines institutions religieuses. Un sujet lourd, mais traité dans une perspective historique et humaine.

Pour Sonny Hamel, le metal demeure avant tout un véhicule pour raconter des histoires. « Il faut qu’il y ait un but derrière une chanson. Je ne veux pas être agressif juste pour être agressif. »

L’imperfection comme signature

À une époque où les productions de style metal sont souvent extrêmement retouchées, Die Some More fait un choix volontairement différent. Le groupe enregistre ses parties individuellement dans une approche très artisanale, avant de confier le mixage à William Lafrance. « On refait chaque refrain au complet. On pourrait copier une prise, mais on préfère refaire chaque interprétation. Les petites différences rendent la musique plus humaine. »

Même philosophie du côté de la batterie de Mathieu Villeneuve, qui privilégie un jeu organique inspiré du thrash old school plutôt que des sons ultracompressés ou déclenchés électroniquement. « Ça n’a pas besoin d’être parfait. Ça a besoin d’être vrai », résume Christian Dion.

Un projet collectif

Bien que Sonny Hamel compose la majorité des chansons, il insiste sur l’importance de laisser de l’espace aux autres membres. « Les gars apportent leurs idées. Je peux les adapter au son de Die Some More, mais c’est important que chacun laisse son empreinte. Si le projet existe aujourd’hui, c’est grâce à eux aussi. »

Cette complicité s’est construite au fil des années. Même si la formation actuelle diffère de celle des débuts, les trois musiciens se connaissent depuis longtemps à travers différents projets musicaux.

Un EP avant l’album

Le prochain EP, intitulé Tyranny of the Holy, comprendra cinq compositions ainsi que Crimson Dreams en pièce bonus. Aucune date officielle n’est encore arrêtée, mais le groupe souhaite le faire paraître avant la fin de 2026 afin de pouvoir ensuite se consacrer à un album complet. En parallèle, un vidéoclip est également en préparation.

Pour Sonny Hamel, tout cela mène vers un objectif plus grand : retrouver enfin la scène. « Sortir de la musique, c’est important. Mais jouer devant le monde, c’est la raison pour laquelle on fait tout ça. »

En attendant, Die Some More invite les curieux – même ceux qui ne sont pas familiers avec le thrash metal – à dépasser l’agressivité apparente du genre pour s’attarder aux compositions et aux textes. « Si on passe par-dessus le côté abrasif de la musique, il y a un message derrière. C’est ça qu’on veut partager. »

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