Des petits moments de la vie aux grands horizons de la poésie
Après toute une vie de travail, Louise Roy accueille avec fébrilité la publication de son premier livre, Amalgames : Entre poésie et facéties, chez Essor-Livres Éditeur. Originaire d’Amos et maintenant établie à Gatineau, l’autrice rassemble dans ce
Après toute une vie de travail, Louise Roy accueille avec fébrilité la publication de son premier livre, Amalgames : Entre poésie et facéties, chez Essor-Livres Éditeur. Originaire d’Amos et maintenant établie à Gatineau, l’autrice rassemble dans ce recueil des textes en vers et en prose inspirés de souvenirs, d’expériences vécues et de ces petits instants du quotidien qui laissent une émotion derrière eux.
« On se demande toujours un peu comment ça va être reçu », confie-t-elle à l’approche de la publication. Elle n’a toutefois pas écrit ce livre dans l’objectif de rejoindre une vaste audience. Pour elle, l’essentiel est plutôt de livrer une émotion et de permettre au lecteur de trouver, au fil des pages, ce qui saura le toucher.
Le titre du recueil traduit d’ailleurs cette volonté de réunir des univers différents. « Un amalgame, ça rassemble des choses différentes », explique Louise Roy, dont les textes passent de la poésie à la prose et de sujets légers à des thèmes plus sensibles.
Des émotions transformées en mots
Pour l’autrice, l’inspiration peut surgir d’un paysage, d’une phrase entendue, d’une anecdote ou encore d’une expérience de vie. La maladie, la maternité et le deuil côtoient ainsi des souvenirs tout simples et des observations parfois humoristiques.
L’expérience personnelle de Louise Roy face à la maladie a notamment teinté son écriture. En effet, l’autrice a été elle-même touchée par un cancer en 2004 et dit apprécier d’autant plus la vie alors que plusieurs personnes de son entourage sont aujourd’hui confrontées à la maladie ou à la fin de vie.
L’humour lui permet toutefois d’aborder ces réalités difficiles avec davantage de légèreté. « Ça m’a toujours aidée dans les situations difficiles », souligne-t-elle, en expliquant qu’elle cherche parfois à voir le côté absurde ou ridicule d’une situation plutôt qu’à la tourner en dérision.
Page couverture du recueil Amalgames : Entre poésie et facéties. (Photo : Gracieuseté Essor-Livres Éditeur)
Les textes peuvent prendre forme rapidement une fois l’idée trouvée. Une phrase, une image ou un souvenir est noté, parfois au beau milieu d’une insomnie, puis développé et révisé. Louise Roy estime cependant qu’il faut savoir arrêter de retravailler un texte pour conserver l’émotion originale derrière celui-ci.
C’est d’ailleurs sa fille qui lui a un jour lancé qu’elle devrait « faire quelque chose avec ses écrits ». De même, lors d’un échange épistolaire avec Marie-Paule Belle, une chanteuse française, cette dernière lui avait confié « qu’elle avait une jolie façon de dire les choses ». « Quand ça vient de quelqu’un qui sait écrire et composer, on le prend comme un compliment. Je devais lui faire parvenir une copie de mon recueil. Malheureusement, Marie-Paule est décédée le 27 juillet dernier avant que j’aie pu lui envoyer. »
L’Abitibi-Témiscamingue toujours présente
Même après avoir quitté l’Abitibi-Témiscamingue à 25 ans pour travailler notamment sur les chantiers de la Baie-James et au Nunavik, Louise Roy demeure profondément attachée à son territoire d’origine.
Deux de ses textes favoris, La prophétie de l’eau et L’habit à Tibi, puisent d’ailleurs directement dans ses racines abitibiennes. « On peut sortir de l’Abitibi, mais c’est difficile de sortir l’Abitibi de quelqu’un », résume-t-elle.
Les grands espaces occupent aussi une place importante dans son imaginaire. Après avoir vécu à Montréal, elle confie avoir ressenti le besoin de retrouver des horizons dégagés. Cette recherche d’espace se reflète d’ailleurs dans sa poésie, nourrie par les paysages du Nord et les vastes territoires qui ont marqué son parcours.
Avec Amalgames : Entre poésie et facéties, Louise Roy ne souhaite pas imposer un message précis à ses lecteurs. Elle préfère leur laisser la liberté d’y trouver ce qui résonnera en eux, selon leur propre sensibilité et le moment de leur vie.
« Se laisser porter par sa sensibilité », voilà peut-être la meilleure façon, selon elle, d’aborder son premier recueil, disponible en librairie à partir du 18 août.