Culture Festivals

Le FME, entre découvertes, rencontres et effervescence

Philippe B sera de retour au FME
Photo : Gracieuseté – Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

À l’approche du Festival de musique émergente (FME), trois artistes qui fouleront les scènes de Rouyn-Noranda se préparent à vivre l’événement chacun à leur manière. Pour Moiré, Bon Enfant et Philippe B, le festival représente à la fois une occasion de rencontrer le public, de partager son univers et de prendre part à une grande célébration musicale qui transforme la ville.

La participation au FME revêt une importance particulière pour le groupe Moiré, qui se réjouit de voir davantage de formations régionales mises de l’avant. « On était très contents d’y participer parce que c’est un événement qu’on aime beaucoup. Et on est contents de voir que l’emphase commence à être mise sur les bands locaux au FME », souligne son guitariste Maxime Gagné.

Composé de plusieurs artistes issus du milieu culturel de l’Abitibi-Témiscamingue, Moiré puise dans le grunge et le post-grunge des années 1990, tout en y ajoutant une touche contemporaine. La formation travaille notamment les mélodies de guitare, les textures sonores et le « noise », le tout accompagné d’une poésie volontairement abstraite.

Sur scène, Moiré mise sur l’écoute et les compositions. Selon Maxime Gagné, les membres étant eux-mêmes plutôt discrets et timides, le spectacle se veut davantage une expérience musicale qu’un grand déferlement d’énergie.

Les chansons peuvent néanmoins être adaptées selon le contexte. Au FME, le groupe entend notamment se permettre une approche plus « rough » et abrasive, sans perdre l’essence du projet.

L’un des souhaits de Maxime Gagné serait d’ailleurs que cette présence au festival donne envie à certains spectateurs de découvrir des courants plus underground, comme le post-grunge ou le shoegaze.

La chanteuse et auteure-compositrice-interprète Daphnée Brissette arrive pour sa part au FME avec son groupe, Bon Enfant, récipiendaire d’un Félix pour l’album Demande spéciale en 2025.

Entre glam, disco, folk et psychédélisme, Bon Enfant entretient son côté festif en toutes circonstances. Le groupe souhaite surtout offrir au public rouynorandien un moment rempli d’émotions et lui permettre de découvrir son univers.

Daphnée Brissette apprécie également le fait que le FME mette côte à côte des artistes émergents et des noms plus établis. À ses yeux, cette combinaison permet au festival de demeurer une vitrine intéressante pour les nouvelles propositions musicales.

Pour elle, le FME possède aussi une atmosphère particulière. Celle qui vient de Montréal trouve que le déplacement jusqu’en Abitibi-Témiscamingue fait partie de l’expérience. L’artiste perçoit même le festival comme une touche finale à l’été.

« C’est comme la fin des vacances », dit-elle.

Pour Philippe B, le FME est devenu au fil des ans un classique. L’auteur-compositeur-interprète, qui a souvent participé à celui-ci, y revient avec le sentiment de jouer à domicile.

Mais son attachement dépasse sa propre carrière. Il imagine ce qu’aurait représenté, lorsqu’il était adolescent, un tel événement dans sa ville. « S’il y avait eu ça en ville, avec mes intérêts à moi, et de la musique en général, et spécifiquement le genre de musique alternative du Québec, ça aurait été comme un cadeau du ciel », raconte-t-il.

Sur scène, il souhaite avant tout créer un espace d’écoute et permettre au public de prendre le temps de recevoir les mots et les histoires qu’il propose. Pour lui, c’est d’ailleurs ce qui distingue profondément un spectacle d’une simple écoute musicale à la maison : la présence collective.

Et c’est précisément cette effervescence qui, selon lui, fait la magie d’un festival comme le FME. Voir les gens circuler dans les rues, les artistes se croiser et les spectacles se succéder donne l’impression de faire partie d’un événement plus grand que sa propre prestation.

« Il y a comme une excitation de plus parce qu’on fait partie de tout ça », résume-t-il.

Trois artistes, trois univers bien différents, mais une même envie : profiter du FME pour créer une rencontre. Qu’il s’agisse de découvrir une formation locale, de danser avec Bon Enfant ou de s’arrêter pour écouter les mots de Philippe B, la musique prendra d’assaut les rues et les scènes de Rouyn-Noranda.

À lire aussi