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Politique Provincial

Un premier débat en Abitibi-Témiscamingue

Le 15 septembre en soirée, c’est dans la circonscription d’Abitibi-Ouest qu’a eu lieu le premier débat dans la région alors que Suzanne Blais (CAQ), Sébastien D’Astous (PQ) et Joanie Bolduc (QS) ont débattu de leurs idées et leurs promesses devant près d’une centaine de personnes au Club de Golf Beattie de La Sarre.

Débat Abitibi-Ouets à La Sarre
Le Citoyen - Christine Morasse – Christine Morasse | cmorasse@journallecitoyen.com

Organisé par la Chambre de Commerce d’Abitibi-Ouest, la MRC d’Abitibi-Ouest, le Carrefour Jeunesse Emploi d’Abitibi-Ouest et le Forum Jeunesse, le débat était l’occasion pour chacun des candidats d’exprimer plus en profondeur leurs ambitions pour leur circonscription. Sébastien D’Astous a pris la parole en premier et s’est présenté aux gens sur place. Maire d’Amos depuis 11 ans et ingénieur de formation, il estime connaître très bien la région et être prêt à porter les dossiers de son territoire à Québec. Joanie Bolduc a ensuite pris le relai : cette ingénieure et militante a affirmé son désir de mettre de l’avant des projets collectifs et adaptés à notre région. Suzanne Blais, la députée sortante, a pour sa part parlé de ses réalisations des huit dernières années. Cette dernière a expliqué souhaiter préserver les acquis et développer le territoire.

Période de questions

Ce sont six élèves de la Polyno de La Sarre qui sont venus tour à tour au micro pour poser une question aux candidats. Pour le thème Le coût de la vie et le logement, Daphnée Hamel a demandé : « Concrètement, comment allez-vous redonner du pouvoir d’achat aux citoyens et atténuer la crise du logement ? » Suzanne Blais a répondu : « Je veux travailler avec les organismes, car seuls on n’y arrive pas. Faut collectivement présenter des projets au gouvernement. L’Abitibi-Ouest, c’est un vaste territoire qui compte 43 municipalités. Il faut aider les familles sur plusieurs fronts, logement, service de garde, etc. » Sébastien D’Astous constate pour sa part qu’il n’y a plus de classe moyenne. « Il faut augmenter les services à domicile, adapter les foyers aux besoins des personnes. L’achat d’une première maison aujourd’hui va se réaliser 10 ans plus tard en moyenne qu’à l’époque où moi, j’ai acheté ma première maison. On veut ramener l’accès à la propriété à un plus jeune âge. » Quant à Joanie Bolduc, elle veut réduire le prix des produits féminins. « Nous avons aussi un projet pilote d’épicerie publique. Nous favorisons le logement modulaire et les maisons préfabriquées. Nous allons donner 50 000 $ pour l’achat d’une première maison qui sera remboursable lors de la vente de cette maison. »

Le débat en Abitibi-Ouest opposait Suzanne Blais de la CAQ, Sébastien D’Astous du PQ et Joanie Bolduc de QS.

(Photo Le Citoyen - Christine Morasse)

Santé et services sociaux

La deuxième question, venue de Mégan Lavoie, qui voulait savoir comment les candidats allaient régler la pénurie de médecins et de travailleurs. « Bravo pour la grande séduction, mais selon moi c’est la job du gouvernement actuel d’attirer de la main-d’œuvre et de rouvrir les lits de l’hôpital », a lancé Joanie Bolduc. « L’universalité des soins au Canada ne semble pas s’appliquer aux citoyens de La Sarre. On veut améliorer l’accès et abolir les agences privées. » Suzanne Blais, qui a travaillé pendant 18 ans dans le système hospitalier, s’est sentie interpellée. « Lors de mon élection en 2018, il y avait déjà une découverture à l’hôpital de La Sarre, et nous l’avons réglé en 56 jours grâce à la ministre Danielle McCann. Nous voulons développer notre première ligne grâce entre autres, aux pharmaciens dès décembre. » Sébastien D’Astous a affirmé qu’on devrait bénéficier des mêmes services que partout au Québec. « Nous voulons que les CLSC deviennent la première ligne. On doit former des médecins en région via l’UQAT. On va bonifier les soins à domicile. Si on veut une meilleure gouvernance locale, on va abolir Santé Québec. » Ce à quoi s’est opposée Suzanne Blais. Joanie Bolduc a enchaîné en demandant à M. D’Astous comment il allait faire pour remplacer Santé Québec. Il a répondu : « On va gérer à partir du terrain ici, ce ne sont pas des gens à Québec qui vont régler nos problèmes. »

Éducation

Alice Nadeau s’est amenée au micro en déclarant que la Polyno est la deuxième plus vieille polyvalente au Québec. Elle a demandé aux candidats ce qu’ils allaient faire pour retenir les jeunes en région et améliorer les écoles. Sébastien D’Astous a d’abord indiqué que ça prend une clientèle pour remplir une cohorte. « Je l’ai moi-même vécu. J’ai enseigné au Cégep de Rouyn-Noranda pendant quatre ans et je devais donc faire des aller-retour Amos-Rouyn pour donner mon cours, car il n’y avait pas assez d’étudiants sur les autres campus. Mon propre garçon est parti étudier au cégep à l’extérieur. Les budgets ont été coupés depuis 20 ans par les Libéraux et la CAQ. On doit attirer des familles, mais ça ne réglera pas tout. » Joanie Bolduc a parlé de valoriser des professions en éducation, en santé et en service de garde. « On veut tenir des états généraux sur l’éducation et surtout implanter des stages rémunérés en éducation. Il y a un rattrapage salarial à faire, car les mines sont très attractives. » Suzanne Blais a résumé son bilan au niveau du parc immobilier, avec l’amélioration de la piste d’athlétisme, la reconstruction de l’école Victor-Cormier et les investissements au niveau du CFP dont le taux de réussite est de 85 %.

Tous les participants au débat se sont réunis pour immortaliser cette soirée.

(Photo Le Citoyen - Christine Morasse)

Immigration

Emma Bonniol a demandé aux candidats ce qu’ils allaient faire pour conserver les immigrants en région. Joanie Bolduc a parlé du nouveau PEQ-région : « Les immigrants doivent s’engager à travailler pendant trois ans dans une même région. On va aussi remettre le programme de francisation. On va augmenter le nombre de CPE, de logements et lutter contre le navettage tout en augmentant graduellement le nombre d’immigrants au cours des prochaines années. » Pour Suzanne Blais, ce dossier, qui relève du fédéral, est assez complexe. « Ce n’est pas facile avec le fédéral, mais on a implanté le tout nouveau Certificat de sélection du Québec et ajouté les immigrants de 40 ans et plus. » Sébastien D’Astous mentionne que « l’immigration, c’est essentiel ici. Notre taux de natalité est trop bas. Mais trop d’immigrants trop vite, ça met une pression sur nos services sociaux. La CAQ n’a pas prévu ça. Au PQ, on veut ralentir l’arrivée de nouveaux immigrants et s’assurer qu’on a des services de qualité pour ceux qui sont déjà ici. »

Environnement et exploitation des ressources

Éthel-Ann Picard a demandé aux candidats de s’exprimer sur l’éventuel passage d’un pipeline en Abitibi-Ouest. Bien que Joanie Bolduc de QS s’y oppose, les deux autres candidats ne voulaient pas émettre d’opinion vu l’état très embryonnaire du projet. Les trois candidats étaient unanimes sur le fait qu’il doit y avoir une acceptabilité sociale avant le développement de chaque projet et que la région doit obtenir plus de redevances au niveau des mines.

Économie et développement régional

Mégane Lavoie a conclu la soirée en demandant comment chacun allait contribuer au développement régional. D’emblée, les trois candidats ont parlé d’alléger les processus administratifs et mieux accompagner les PME. On reconnaît à l’unanimité la crise dans l’industrie du bois et les menaces tarifaires de Donald Trump. Des états généraux sur cette question sont souhaités par tous en harmonie avec les communautés autochtones.

L’animation a été assurée par Ophélie Brassard, qui a invité les citoyens à aller voter le 5 octobre prochain.

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