Les grognons
Les expériences achèvent. Cette semaine, Dominique Ducharme devra trancher et décider qui il gardera pour amorcer la saison, le mercredi 13 octobre, à Toronto. Quelques joueurs sont blessés et le portrait ne sera peut-être pas complet, mais je ne dét
Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).
Les expériences achèvent. Cette semaine, Dominique Ducharme devra trancher et décider qui il gardera pour amorcer la saison, le mercredi 13 octobre, à Toronto. Quelques joueurs sont blessés et le portrait ne sera peut-être pas complet, mais je ne déteste pas la formation du Canadien. Même que je crois que le Tricolore pourrait causer certaines surprises.
Je concède que la lutte sera féroce dans la division Atlantique. Toutefois, je considère que plusieurs de mes collègues se montrent un brin trop pessimistes en se livrant au jeu des prédictions. Avec l’émergence de Cole Caufield, le retour en santé de Jonathan Drouin et l’ajout des Dvorak, Hoffman, Paquette et Perreault, l’attaque montréalaise sera dangereuse et équilibrée. À la ligne bleue, David Savard n’est certainement pas Shea Weber. Mais ne perdons pas de vue que malgré d’excellentes séries éliminatoires, le capitaine de 36 ans ne rajeunit pas.
Ajoutons à l’équation que Dominique Ducharme a eu le temps de bien implanter son système de jeu et ça m’amène à croire que le Canadien pourrait coiffer les Maple Leafs, les Panthers et les Bruins pour terminer au deuxième rang de la section, derrière le Lightning.
On me reproche souvent d’être trop négatif envers l’équipe de Marc Bergevin. Cette fois-ci, on m’accusera peut-être de porter des lunettes roses. De toute façon, peu importe ce que l’on dit sur le Bleu-Blanc-Rouge, une chose est assurée, il y aura toujours un groupe de grognons pour avoir une opinion totalement opposée. Je sais que ce n’est peut-être pas très gentil d’employer le mot grognon! Mais je déteste quand certains utilisent le mot « fafan ». C’est très péjoratif. C’est même réducteur et condescendant. Le partisan moyen qui suit l’action de son club favori de loin ne possède certes pas l’expertise de celui qui écoute toutes les tribunes téléphoniques et qui enregistre l’Antichambre, mais il peut quand même jaser hockey. Et notre job, c’est de l’informer et de l’éduquer. Pour les grognons, il n’y a rien à faire!
La seule bonne nouvelle avec les grognons, c’est qu’on en retrouve dans chaque clan. Je publie un tweet positif sur Carey Price et je reçois un lot d’insultes. J’écris qu’il a donné un mauvais but et c’est la même chose. Quelques joueurs polarisent plus l’attention des bougonneux. Les joueurs vedettes, les Québécois et les vétérans sur le déclin attisent les passions. Je peux écrire à peu près ce que je veux sur Joel Edmundson, Jake Allen ou Joel Armia et personne n’aura envie de me traiter de tous les noms en éparpillant des mots que l’on devrait entendre à l’église! En revanche, suffit de lancer que Jonathan Drouin mériterait une étoile pour déclencher un raz-de-marée. Car non seulement le grognon se plait à rabaisser le joueur qu’il n’aime pas, mais il travaille aussi très fort à convaincre que son opinion est la bonne ou à m’insulter.
Mon truc; répondre poliment. Les grognons qui pensent le contraire vont se charger d’effectuer le travail. Ils deviennent tellement occupés à se chicaner entre eux qu’ils m’oublient jusqu’au tweet sur Marc Bergevin!