Être recrue peut coûter cher!
Fort d’une séquence inattendue de cinq victoires, le Tricolore a quitté Montréal pour un long séjour dans l’Ouest canadien. Sur la route pour dix jours, Martin St-Louis et Kent Hughes pourront sûrement en profiter pour apprendre à mieux connaître les
Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).
Fort d’une séquence inattendue de cinq victoires, le Tricolore a quitté Montréal pour un long séjour dans l’Ouest canadien. Sur la route pour dix jours, Martin St-Louis et Kent Hughes pourront sûrement en profiter pour apprendre à mieux connaître les joueurs entre les parties à Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver. Et avec la date limite des transactions fixée au 21 mars, le directeur général pourra aussi tenir quelques discussions franches avec certains piliers de l’équipe afin de bien cerner leurs intentions.
Dans cette autre saison curieuse, le calendrier du Canadien a été remodelé à quelques reprises, mais ce voyage n’a jamais été modifié. Déjà en août dernier, tout le monde avait constaté que le club allait curieusement passer quatre jours à Vancouver, au début du mois de mars. Sachant que Chantal Machabée préfère grandement la Californie, je lui avais alors proposé qu’elle prenne le voyage sur la côte ouest-américaine en octobre et que je m’occupe du périple dans les Prairies et en Colombie-Britannique. Je dois avouer que le dossier a été réglé très rapidement ! Même si je n’aurai pas de congé et que je devrai me lever à quatre heures chaque matin pour remplir mes obligations à la radio, je passerai donc beaucoup de temps dans ma ville canadienne préférée. Je pourrai courir dans Stanley Parc, me délecter de sushis et admirer English Bay et les montagnes par la fenêtre de ma chambre d’hôtel.
Il y a fort à parier que la plupart des joueurs partagent ce même enthousiasme. L’avion de l’équipe se posera à Vancouver après la partie face aux Oilers samedi soir et le match face aux Canucks n’aura lieu que le mercredi. Avec un horaire semblable, les joueurs ont certainement conclu que dimanche était le meilleur moment de la saison pour tenir le fameux souper des recrues. L’an passé, en raison de la pandémie et des nombreuses restrictions, cet événement annuel n’a pas eu lieu. Deux ans plus tard, on s’imagine que la soirée sera très festive !
Heureusement, les humiliations et les sévices corporels ne font plus partie de ce rituel depuis plusieurs années. Quand les célébrations se terminent, le seul qui souffre, c’est le porte-monnaie. Unique recrue du Canadien cette saison, Cole Caufield devrait avoir la chance de partager la note avec Alexander Romanov et Jake Evans qui ont été épargnés l’an passé. Le pauvre défenseur Corey Schueneman devrait aussi être obligé de sortir sa carte de crédit et même s’il commande un simple spaghetti, son addition sera assurément de quelques milliers de dollars. Les vétérans vont se charger de commander les meilleures bouteilles de vin, de grands cognacs ainsi que d’autres boissons hors de prix et les recrues se partageront la note.
J’espère au moins que Schueneman sera plus chanceux que mon ami Steve Bégin. En 1999, son souper des recrues c’était passé en Floride, et quatre jours après avoir mis 5 000 dollars sur sa carte de crédit sans même avoir eu la chance de disputer un autre match, les Flames le cédaient à la Ligue américaine! Si c’est ce qui arrivait avec Schueneman, il pourrait se consoler en pensant que sa facture était en dollars canadiens…!