Des Témiscamiens autour de la planète : 2e partie
Voici une deuxième personne qui a accepté de parler de sa terre d’adoption : le Vietnam. Il s’agit de Hugo Pagé.
Voici une deuxième personne qui a accepté de parler de sa terre d’adoption : le Vietnam. Il s’agit de Hugo Pagé. « J’ai passé mon enfance au Témiscamingue et mon père me répétait toujours que c’était important d’apprendre l’anglais et que ça allait m’ouvrir beaucoup de portes dans le futur », raconte-t-il. Hugo nous dit qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il voulait faire comme carrière. Le conseiller en orientation et ses parents le voyaient en affaires. Il choisit donc une technique administrative au Cégep. Il la commence à Rouyn, mais part pour Montréal dès sa deuxième année.
« Plus j’avançais dans ma technique, moins je savais ce que j’allais faire une fois avoir terminé. J’ai fini ma troisième année, spécialisée en ressources humaines, sans intérêt. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai décidé de prendre une année pour voyager. Je suis parti dans l’Ouest canadien. J’ai vendu ça à mes parents en leur disant que je m’en allais apprendre l’anglais. »
Hugo est parti avec son sac à dos et a travaillé dans des hôtels en Alberta, a cueilli des fruits en Colombie-Britannique et a fait de la pêche sur l’île de Vancouver. À Montréal, il s’est fait une amie taiwanaise qui est retournée à Taiwan. Il a gardé contact et elle l’a invité à venir enseigner l’anglais. Il décide de tenter l’aventure et quelques mois plus tard, il atterrit à Taipei. Son amie l’héberge et il commence à enseigner dans les écoles maternelles.
N’ayant pas les qualifications d’enseignant, les débuts sont difficiles. « Je n’ai pas commencé avec les meilleurs emplois, mais j’acceptais tout le travail qu’on m’offrait, peu importe les conditions ou les salaires. Je me suis vite fait de l’expérience. » Hugo va tomber amoureux du pays, de son nouveau métier et d’une Vietnamienne. Il repart donc avec elle en 2005 pour vivre dans ce pays en voie de développement. Ils s’installent à Hanoi et Hugo réalise que la ville a beaucoup changé depuis son arrivée.
La population est magnifique et ses collègues de travail sont devenus comme ses frères et sœurs. Après 18 ans, il ne maîtrise pas encore la langue, mais il réussit à se débrouiller. Le Vietnam est un pays énormément bruyant. « On n’aurait pas cette impression lorsqu’on les croise au Canada ou [quand on les voit] dans les films, mais ici, dans leur pays, c’est du bruit sans cesse. » La population est de plus de 90 millions sur un petit territoire. Le Vietnamien est un langage avec tonalité, donc les gens parlent toujours très fort. Ils donnent toujours l’impression d’être en train de se chicaner. Les Vietnamiens adorent chanter, surtout dans les karaokés. Les véhicules klaxonnent sans cesse dans les rues. La nourriture est délicieuse. « Ici, cuisiner n’est pas une obligation, car il est très facile de bien manger. » Hugo Pagé dit qu’on peut pratiquer beaucoup de sports, même le hockey, car il y a une patinoire à Hanoi. Le soccer, le tennis, la natation et le badminton sont des sports très populaires au Vietnam.
Lorsque le Témiscamien est arrivé dans ce coin de l’Asie, il s’est trouvé du travail et a poursuivi des cours pour parfaire son enseignement. Il travaille à la même école depuis 20 ans et élève son fils, né en 2009. Ils vont à l’école ensemble à moto. Il participe à des marathons quelques fois par année au Vietnam ou d’autres pays de l’Asie du Sud-Est.
Hugo Pagé ne sait pas ce que lui réserve le futur et dit s’ennuyer parfois du pays. « Je vois les commentaires et les photos de vacances de mes amis et ma famille à leur chalet ou en camping. Je vois les belles prises de pêche qu’ils font durant l’été et ça me rappelle mon enfance avec mes parents et grands-parents. » Il aimerait bien revenir plus souvent au Témiscamingue, mais la vie en Asie lui plaît toujours autant. C’est une histoire à suivre…