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Chronique

La grosse vie sale

À chaque année, l’arrivée de la mi-avril me procure énormément de bonheur. Quand les journées rallongent et que le soleil commence à nous réchauffer, ça signifie que les séries éliminatoires de la LNH sont sur le point de débuter. Si le Canadien part

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À chaque année, l’arrivée de la mi-avril me procure énormément de bonheur. Quand les journées rallongent et que le soleil commence à nous réchauffer, ça signifie que les séries éliminatoires de la LNH sont sur le point de débuter. Si le Canadien participe au grand bal printanier, c’est un bonus. Sinon, je pars sur la route couvrir les autres formations aux quatre coins du circuit, ce qui est loin d’être ennuyant!

Mais la mi-avril, c’est aussi un souvenir douloureux.

Lundi dernier, c’était le triste anniversaire du décès de mon chum Paul Buisson. Le 19 avril 2005, ce gentil géant nous quittait à la suite d’erreurs médicales, après s’être présenté à l’hôpital pour soigner des pierres au rein.

Paul, c’était mon meilleur chum. Si vous me connaissez un peu, vous savez qu’on a fait les quatre cents coups ensemble et que l’on formait un duo du tonnerre à RDS comme dans la vie. Caméraman émérite, toujours au-dessus de la mêlée du haut des six pieds et six pouces, il se faisait remarquer avec son imposante stature. Son sens de l’humour, ses idées saugrenues, son audace, son rire contagieux, son extrême bonté et sa grande empathie faisaient de lui un être attachant qui ne laissait personne indifférent. Comme s’il avait toujours su que le party allait se terminer à 41 ans, Paul était incapable de rester tranquille. Avec lui, c’était impossible que l’on demeure chacun dans notre chambre d’hôtel à regarder la télé! Il savourait la vie et il avait cette grande capacité de reconnaître tous les privilèges qu’elle lui apportait. « Ça, c’est la grosse vie sale! » voilà ce qu’il me répétait chaque jour. Que l’on soit assis dans les estrades du vieil igloo à regarder patiner Mario Lemieux, dans le vestiaire des Devils à jaser avec Martin Brodeur ou simplement attablés devant une assiette de sushis, Paul s’émerveillait pour chaque moment de bonheur.

Comme il était la personne la plus généreuse que j’ai croisée dans ma vie, il filmait tous ce que l’on vivait en coulisses pour pouvoir partager ces beaux moments avec nos collègues en revenant à RDS. Chaque fois, il y avait un attroupement et des rires à profusion. C’est ainsi que le caméraman est devenu chroniqueur puis animateur. Voyant son aisance devant la caméra, notre ami Réjean Tremblay lui a même inventé des rôles dans quelques-unes de ses téléséries.

Déjà d’un naturel très optimiste, voir naïf, j’ai toujours aimé la vie. Croiser Paul sur mon chemin aura quand même changé ma façon de voir les choses. Il m’a transmis son côté proactif envers le bonheur. Quand une idée m’emballe, je ne dis pas « Ouais, ç’a l’air le fun. On s’en reparle ». Influencé par ce grand distributeur de joie de vivre, je réponds plutôt « Ça l’air le fun ton idée. C’est certain que j’embarque! » et je passe à l’action pour ajouter une diapositive au carrousel de ma vie! Essayez, vous aussi, de trouver le Paul Buisson en vous…vous verrez, c’est la grosse vie sale!

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